Garde-robe & conseils 5 min de lecture
Ce que l'étude Greenpeace a trouvé dans des articles Shein — et ce qu'on en fait
Une étude menée en janvier 2026 pour Greenpeace a trouvé des dépassements du règlement REACH sur une majorité des articles testés : ce que dit ce résultat, et les arbitrages concrets qu'il permet à l'achat.
En bref Les points essentiels
- Selon un communiqué de Greenpeace publié le 5 mars 2026, un test mené en janvier 2026 par l'Institut de l'environnement de Brême a trouvé un dépassement des limites du règlement européen REACH sur 25 des 31 articles analysés.
- Les substances citées sont surtout des phtalates et des PFAS, et les dépassements se concentrent sur les matières plastifiées, enduites ou déperlantes plutôt que sur le coton nu.
- Un résultat d'analyse sur un échantillon n'est pas une décision d'une autorité de contrôle : il oriente des arbitrages à l'achat, il ne classe pas une marque entière.
Selon une étude Greenpeace publiée en 2026, 25 articles sur 31 dépassaient les limites du règlement européen REACH. Il y a deux façons de lire un chiffre pareil. La première consiste à en tirer un titre et une indignation. La seconde, moins spectaculaire, consiste à regarder ce qui a été testé, quand, et ce que le résultat permet de décider dans une vraie garde-robe. C’est la seconde qui nous intéresse, parce que c’est la seule qui change quelque chose à ce qu’on met dans le panier.
Ce que dit l’étude, et ce qu’elle ne dit pas
Selon un communiqué de Greenpeace publié le 5 mars 2026, l’Institut de l’environnement de Brême a analysé, en janvier 2026 et pour le compte de Greenpeace Allemagne, 31 articles achetés sur la plateforme. Vingt-cinq d’entre eux présentaient un dépassement des limites fixées par le règlement européen REACH, parfois dans des proportions considérables : le communiqué mentionne une paire de bottes de pluie pour femme dont la teneur en phtalates atteignait, selon les analyses, plusieurs dizaines de fois la limite autorisée, et des cas extrêmes bien au-delà.
Ce que ce résultat établit : sur cet échantillon, à cette date, la conformité n’était pas au rendez-vous. Ce qu’il n’établit pas : une caractéristique générale de tout ce qui est vendu. Trente et un articles, ce n’est pas un catalogue. Aucune autorité de contrôle n’a été citée dans ce communiqué comme ayant rendu une décision sur ces produits ; il s’agit d’analyses commandées par une association, publiées par elle. C’est une information sérieuse, pas un jugement. La différence compte, et c’est aussi pour cela qu’on la formule ainsi plutôt qu’en accusation.
Un point du communiqué mérite plus d’attention que les chiffres eux-mêmes : Greenpeace signale que quatre produits identiques à ceux déjà pointés lors d’un relevé de novembre 2025 étaient toujours en vente, dans des variantes de couleur, avec les mêmes composants en cause. C’est la répétition, plus que le pourcentage, qui fait le sujet.
Phtalates, PFAS : où ils se logent vraiment
Les deux familles citées ne se comportent pas de la même façon, et cela a des conséquences pratiques.
Les phtalates sont des plastifiants. On les trouve là où il y a du plastique souple : semelles, matières enduites, similicuir, imprimés épais façon sérigraphie gonflée, élastiques bon marché. Un tee-shirt en jersey uni n’en contient pas parce qu’il n’y a rien à assouplir dedans ; le même tee-shirt avec un logo en plastisol épais change de catégorie.
Les PFAS, eux, sont des traitements. On les applique pour rendre une surface déperlante ou antitache. Ils se logent donc dans les parkas, les coupe-vent, les vestes de pluie, les gilets techniques, parfois les nappes et les chaussures. Une maille en laine ne reçoit pas ce traitement, sauf mention explicite.
Cette géographie explique la liste des articles cités dans le communiqué : bottes de pluie, sandales, gilets de randonnée, articles pour enfants. Ce ne sont pas des hasards d’échantillonnage, ce sont les catégories où ces substances ont une fonction.
Traduire ça en arbitrages, pas en peur
De là, trois décisions simples, qui valent quel que soit le site où vous achetez.
La première : ralentir sur les catégories enduites et déperlantes à très bas prix. Une veste imperméable à quinze euros est imperméable grâce à quelque chose, et ce quelque chose est rarement une membrane coûteuse. Ce n’est pas la pièce sur laquelle chercher l’affaire.
La deuxième : lire la composition avant la photo. Un vêtement décrit comme « PU », « enduit », « coated » ou « waterproof » relève de la première famille ; une composition en fibres naturelles ou en maille classique n’a aucune raison d’en contenir. Notre guide de lecture d’étiquette sur les mailles donne les réflexes, ils s’appliquent tels quels ici.
La troisième, la plus sérieuse : arbitrer différemment pour un enfant. Les articles enfants figurent explicitement parmi les échantillons cités par Greenpeace, et un enfant porte, mâchouille et transpire dans ses vêtements bien plus qu’un adulte. Sur ce poste précis, la logique du prix le plus bas est celle qui rend le moins service.
Le premier lavage, et ce qu’il ne règle pas
Laver un vêtement neuf avant de le porter est un bon réflexe : il retire une partie des résidus de surface, des colorants mal fixés et de l’apprêt d’usine. Nos cinq gestes de lavage détaillent la méthode, il n’y a rien à y ajouter.
Mais il faut être honnête sur la limite : un traitement déperlant n’est pas un résidu, c’est une propriété de la fibre. Le lavage ne l’enlève pas — c’est même exactement ce qu’on attend d’un bon traitement. Sur ce point, il n’y a pas de geste domestique qui rattrape un choix d’achat. La décision se prend au panier, pas à la machine.
Ce qui reste vrai après lecture
Une étude sur trente et un articles ne classe pas une plateforme. Ce qu’elle fait, c’est indiquer où le risque se concentre : le plastifié, l’enduit, le déperlant, les articles enfants. C’est une carte, pas un verdict — et elle recoupe ce qu’on observe sur la qualité selon les catégories : les basiques en maille tiennent leur prix, les pièces techniques sont celles où l’écart se creuse.
En résumé
Selon le communiqué de Greenpeace du 5 mars 2026, 25 des 31 articles testés en janvier 2026 par l’Institut de l’environnement de Brême dépassaient des limites du règlement REACH, principalement sur des phtalates et des PFAS. Ces substances se logent dans le plastifié, l’enduit et le déperlant, pas dans le jersey uni. La conduite qui en découle n’est pas d’éviter une marque en bloc, mais d’éviter une catégorie à un prix qui ne peut pas payer une matière conforme. Le lavage avant le premier port reste utile pour les résidus de surface et sans effet sur un traitement intégré à la fibre. Et sur les vêtements d’enfant, c’est le poste où l’arbitrage mérite d’être le plus prudent.
Questions fréquentes
Combien d'articles ont été testés, et par qui ?
D'après le communiqué de Greenpeace du 5 mars 2026, l'Institut de l'environnement de Brême a analysé 31 articles en janvier 2026 pour le compte de Greenpeace Allemagne. Vingt-cinq d'entre eux dépassaient les limites du règlement européen REACH.
Est-ce que laver un vêtement neuf règle le problème ?
Un lavage avant le premier port retire une partie des résidus de surface, mais il ne retire pas un traitement déperlant intégré à la fibre. C'est un geste utile, pas une solution.
Quelles catégories étaient concernées ?
Le communiqué cite des bottes de pluie, des sandales, des gilets de randonnée et des vêtements d'enfant. Ce sont des articles enduits, plastifiés ou traités, pas des basiques en maille ou en coton.
Est-ce que cela veut dire que tous les articles sont concernés ?
Non. Un test porte sur les échantillons achetés, à une date donnée. Il ne permet pas de conclure sur un catalogue de plusieurs centaines de milliers de références.
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